Poste 1

Moulin Bornu

Devant vous, un bassin qui a toute une histoire et a inspiré au poète vaudois Paul Budry le quatrain suivant :

« A Pompaples est une fontaine

Ses eaux vont au Rhône et au Rhin

Lorsque j’y vais pleurer ma peine

Nord et Sud savent mon chagrin ! »

Ces quatre vers évoquent joliment ce partage des eaux, ce « Milieu du Monde » que vous avez sous les yeux. Pour comprendre la situation, commencez par en faire le tour et repérez les sorties d’écoulement de l’eau.

Vous devriez en avoir découvert deux : l’une passe sous la route que vous avez longée et s’écoule vers le nord. Un bouchon jeté à cet endroit finira, avec un peu de chance, dans la Mer du Nord après avoir rejoint le Nozon, puis l’Orbe, la Thièle, l’Aar et le Rhin. L’autre écoulement, tout à gauche près du bâtiment, passe sous le chemin et part en direction du château. Un autre bouchon lancé à cette sortie atteindra, du moins en théorie, la Venoge, filera vers le Léman, en ressortira par le Rhône et finira sa course dans la Mer Méditerranée. Ce sont ces 2 écoulements qui créent ce fameux partage des eaux, ce « Milieu du Monde » comme on le désigne un peu présomptueusement ; « Milieu de l’Europe » serait plus réaliste !

 

Le Moulin Bornu vers 1820

 

Le partage des eaux à partir de ce bassin a donc une origine humaine. Pour en connaître l’histoire, il faut faire un saut de 500 ans dans le passé.

Un peu d’histoire locale :

A cet emplacement, à l’origine, a été construit un prieuré ou hospice appartenant au couvent du Grand-Saint-Bernard (en 1228, on parle de l’Hospitale de Bornu). Il est situé sur la route reliant la France à l’Italie ; marchands et pélerins y trouvent gîte et couvert. A la Réforme (16e siècle), il perd sa fonction religieuse et devient propriété des barons de La Sarra (sans « z » à l’époque) qui en font un moulin. Qui dit moulin dit eau pour faire tourner la roue et c’est ainsi qu’ils créent un bief (canal) au Nozon dont l’embranchement se situe en aval de Pompaples. Puis ils conduisent ces eaux dans le vallon qui longe le bourg de La Sarraz à l’occident dans le but d’alimenter d’autres forges ou moulins et d’inonder les terres sous le château.

Anecdote à ce propos : les seigneurs sarrazins n’avaient pas prévu que ce marais se peuplerait de nombreux crapauds et grenouilles dont les chants nocturnes agresseraient leurs nobles tympans. Pour lutter contre ce vacarme, ils instaurèrent une corvée annuelle consistant à massacrer ces trop sonores batraciens. C’est ainsi qu’on appela « Lè Roille-Bot » (les tape-crapauds) les habitants de La Sarraz. Ce surnom original n’est malheureusement plus usité.

Mais revenons au bassin dont l’eau, dans un premier temps, ne s’écoulait que vers le sud.

Pour la commune d’Ornier (Orny), l’eau du Nozon était aussi indispensable à l’alimentation des fontaines, à l’inondation des prés et comme force hydraulique. En période sèche, la déviation par le canal était si importante qu’il ne restait presque plus d’eau dans le Nozon, au grand dam des habitants. Après d’âpres négociations, il fut décidé de rendre une partie de l’eau au Nozon en créant un autre écoulement vers le nord, par « un tuyau de même forme et grandeur » que celui se dirigeant au sud.

Par ce partage de l’eau du bassin vers deux directions opposées, l’on créa ainsi ce Milieu du Monde que vous avez sous les yeux.

Petit quiz :

Enfants :        

En regardant attentivement, vous pourrez découvrir un oiseau qui apprécierait cet endroit. Il s’agit :                                                                                                                                                                                     a) d’un busard Saint-Martin                                                                                                                                                                                     b) d’un martin-pêcheur                                                                                                                                                                                                                c) d’un martinet

Tous :

Les habitants de La Sarraz et de Pompaples tirent parti de l’eau du Nozon. A propos, comment les appelle-t-on ?                                                                                                                                                              a) Les Sarraziens et les Pompaplois                                                                                                                                             b) Les Sarrazans et les Pompapliens                                                                                                                                          c) Les Sarrazins et les Pompapolitains